Les espèces d’intérêt communautaire
10 espèces d’intérêt communautaire sont présentes sur le site des Vallées de la Double. Ces espèces animales sont des espèces inscrites sur l’annexe II de la directive “habitats”. Ainsi, ce sont des espèces considérées comme en danger de disparition, vulnérables, rares ou endémiques dans leur aire de répartition naturelle. La démarche Natura 2000 menée sur le site des Vallées de la Double a ainsi pour but de mettre en place des outils permettant entre autre de les protéger. Nous vous invitons ainsi à les découvrir via ces différentes rubriques.
La Loutre d’Europe
La loutre d’Europe, Lutra lutra, est un mammifère appartenant à la famille des Mustelidae, du genre Lutra.
Elle mesure entre 100 et 130 cm de long et pèse entre 7 à 10 kg à l’état adulte. La loutre possède un corps allongé, des jambes courtes et plusieurs adaptations à la vie aquatique comme des pattes palmées et une fourrure brune (avec une coloration plus pâle sur le ventre) très dense permettant d’enfermer une couche d’air isolante entre les poils.
La loutre d’Europe est solitaire et territoriale. Elle fréquente la végétation rivulaire pour se déplacer ou pour aménager son gîte.
Son territoire peut s’étendre sur 5 à 15 km² en zone d’eau courante comme les rivières, ruisseaux et fleuves, et de 20 à 30 km² sur un réseau de zones humides comme des marais et des plans d’eau.
Le Vison d’Europe
Le vison d’Europe, Mustela lutreola, est un mammifère appartenant à la famille des Mustelidae, du genre Mustela.
Il mesure entre 30 et 40cm. Il possède un long corps mince avec de courtes jambes et une queue touffue. Son poids varie de 400g à 1 kg. Le vison d’Europe possède un pelage est court et sa couleur est très variable, allant du brun foncé au noir. Le vison d’Europe est donc souvent confondu avec le Vison d’Amérique et le Putois d’Europe, Mustela putorius. Le vison d’Europe est toutefois reconnaissable par une tâche de poils blancs répartie à la fois sur la lèvre inférieure et la lèvre supérieur (contrairement au Vison d’Amérique présentant cette tâche uniquement sur la lèvre inférieure).
L’espèce évoluait sur l’ensemble de l’Europe il y a près d’un siècle. Celle-ci a fortement régressé, et elle n’est présente de nos jours que sous forme de petites populations fragmentées dans l’ouest du territoire Français.
Le vison d’Europe vit près des rives des cours d’eau et des plans d’eau. De même, il se sert de l’ensemble du réseau constitué par les zones humides de son territoire comme de couloirs de déplacement. Il exploite des territoires de 2 à 17 km de cours d’eau, les femelles étant relativement plus sédentaires que les mâles.
La Cistude d’Europe
La cistude d’Europe, Emys orbicularis, est une petite tortue semi-aquatique d’eau douce de la famille des Emydidae.
Elle est reconnaissable par son corps noir ponctué de tâches jaunes au niveau de sa tête, de son cou, de ses pattes et sa queue noir. Sa carapace est noire ou brune foncée avec des stries jaunes. Elle mesure de 10 à 20 cm à l’état adulte pour un poids de 400 à 800g.
La cistude est un animal discret et craintif. Il s’agit d’un animal à sang froid, le milieu doit également fournir des sites d’ensoleillement comme par exemple des troncs d’arbres morts lui permettant de remonter sa température corporelle au soleil.
Le mode de vie de la Cistude est étroitement lié au rythme saisonnier. Ainsi, d’octobre à fin février, la cistude hiverne sous la vase (dans les étangs, en bord de roselière le plus souvent) ou parfois sous des lits de feuilles en zone forestière. Elle sort de l’hivernage en fin du mois de février, début mars. Sa priorité est alors de se nourrir avec de reconstituer ses réserves. La période d’accouplement à lieu au printemps, début avril. A la mi-mai à la fin juillet, la femelle va quitter le milieu aquatique pour aller pondre sur la terre ferme ou dans une zone sableuse qui ne sera jamais inondé. La femelle va alors creuser un trou pour y poser de 5 à 13 œufs (le plus souvent 8 œufs) avant de le reboucher. Les œufs incuberont durant 3 mois avant d’émerger grâce au pluies et orages automnaux de septembre ou octobre, soit au printemps suivant durant les mois de mars ou avril si les conditions météorologiques ne sont pas favorables.
Le Fadet des Laiches
Le fadet des Laiches, Coenonympha oedippus, est un papillon de la famille des Nymphalidae.
C’est un papillon des landes et prairies humides dominées par la Molinie. Sa période de vol s’étend principalement de début juin à fin juillet : son vol est court et bondissant.
Les adultes vivent moins d’une semaine. Les chenilles se nourrissent en été sur la Molinie, puis hivernent dans les racines superficielles de la Molinie de septembre/octobre jusqu’à la mi-avril.
Le Damier de la Succise
Le damier de la Succise, Euphydryas aurinia, est un papillon de la famille des Nymphalidae.
Il fréquente des milieux variés et sa plante-hôte est principalement la Succise des prés. Sa période de vol s’étend entre avril et fin juin. La ponte a lieu sur le revers des feuilles entre avril/juin à début juillet.
Les chenilles du Damier de la Succise s’abritent dans un nid collectif et hivernent jusqu’au printemps suivant.
Le Cuivré des Marais
Le cuivré des marais, Lycaena dispar, est un papillon de la famille des Lycaenidae.
Il s’alimente dans les milieux humides, et notamment les prairies richement fleuries qui lui fournissent sa nourriture. Les adultes apprécient les espèces nectarifères comme les menthes (Mentha sp.), Pulicaire dysentrique (Pulcaria dysentrica), le Lythrum salicaire (Lythrum salicaria), le Cresson amphibie (Rorippa amphibia) et l’Eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum).
Cette espèce est étroitement lié aux prairies contenant des oseilles sauvages hygrophiles sur lesquelles la chenille du papillon phytophage s’alimente.
La période de vol du Cuivré des marais s’étend de fin avril à octobre. La reproduction a lieu du mois de mai à septembre et ils vont pondre des œufs sur des oseilles sauvages (Rumex sp.).
Le Gomphe de Graslin
Le gomphe de Graslin, Gomphus graslinii, est un odonate de la famille de Gomphidae.
Il fréquente des rivières de plaine et parfois des milieux lentiques comme les étangs. La période de vol des adultes s’étale de fin mai à début septembre. Durant celle-ci, ils se nourrissent d’insectes volants de petite taille. La ponte a généralement lieu en juillet.
Les larves vont se développer sous l’eau en chassant des petits invertébrés. Ce stade larvaire va durer entre 2 et 3 ans pour le gomphe de Graslin.
La Lamproie de Planer
La lamproie de Planer, Lampetra planeri, a un corps anguilliforme et la peau sans écaille. Sa bouche est sans mâchoire et en forme de ventouse.
Pour se nourrir, les larves filtrent les micro-organismes présents dans la vase, mais les adultes ont un tube digestif atrophié et ne se nourrissent plus. Ainsi, les adultes migrent uniquement sur quelques centaine de mètres au maximum, vers l’amont du cours d’eau à la recherche d’un endroit où se reproduire avant de mourir rapidement après avoir pondu.
La métamorphose de la larve en adultes a lieu après 5 à 6 ans.
L’Écrevisse à pattes blanches
L’écrevisse à pattes blanches, Austropotamobius pallipes, est un crustacé de la famille des Astacidae.
Elle fréquente les ruisseaux aux eaux peu profondes, claires, fraîches (avec peu de variations, entre 18 et 21°C), de bonnes qualités, bien oxygénées, neutres à alcaline et avec de nombreux abris (fonds caillouteux, avec des blocs, des racines). Actuellement, on retrouve principalement l’écrevisse à pattes blanches dans les ruisseaux de tête de bassin.
L’écrevisse à pattes blanches est principalement active pendant la nuit durant laquelle elle recherche sa nourriture. L’écrevisse est omnivore et se nourrit de petits invertébrés (vers, mollusques et larves d’insectes ou d’amphibiens), mais aussi de végétaux.
Le Chabot
Le chabot, Cottus gobio, est un poisson d’eau douce. Il vit dans les cours d’eau peu profonds aux eaux fraiches et bien oxygénées. Cette espèce vit cachée au fond de l’eau dans les cailloux.
Son corps est épais à l’avant avec une large tête plate. Sa couleur de brun à gris, marbré de taches sombres lui confère un bon mimétisme sur les fonds sablo-graveleux.